Quelques aventures dans les déserts indiens...

Bienvenue sur le site de mes randos et ascensions dans les Andes

30 novembre 2005

Catamarca (Argentine)

Catamarca est une ville de près de 200 000 habitants, capitale de la province du même nom, une des plusrimg0758 pauvres du pays. J'y suis arrivé à 5 heures ce matin, au terme de 10 heures de bus. Après avoir poireauté au terminal jusqu'à ce que la ville se réveille un peu (en finissant le petit chef d'oeuvre d'Anna Gavalda), je me mets en quète d'un logement. Au bout du troisième residencial complet sur lequel je me casse le nez, je me résoud à prendre un taxi pour aller voir plus loin que le périmètre du terminal de bus. Je déboule finalement dans un truc bien. Un peu trop bien même, mais avec mes sacs, je ne peux pas marcher bien loin... Je me trimballe une partie de ma bouffe pour mon séjour dans les montagnes, des cartouches de gaz, un thermos, etc. Bref, je pense dépasser allègrement les 35 kg.

Cela fait 4 mois qu'il n'a pas plu à Catamarca et je viens de découvrir un truc : c'est moi qui trimballe le mauvais temps accroché à mes basques... Il flotte à torrents depuis midi ! Et quand je dis à torrents, c'est exactement ça. Les rues, légèrement en pente, se sont transformées en ruisseaux en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et il est par endroits impossible de les traverser.

rimg0755Avant le déluge, j'ai eu un peu le temps de me promener dans la ville, qui est... Une ville argentine, sans plus, avec une grande place et une cathédrale. De toutes facons je suis d'humeur bougonne aujourd'hui : sale temps, presque pas dormi dans le bus, hôtel un peu trop cher et puis la pression qui monte avec cette expédition qui commence bientot... Aurons-nous un temps clément ? Je commence à en douter tres sérieusement... Et quand il fait moche sur la Puna (altiplano), ca peut vite prendre une ampleur assez dantesque. On verra bien.

Allez, pour me changer les idées, je vais vous parler de deux ou trois choses qui m'interpellent dans ce beau pays...

rimg0731L'auto : Par beaucoup de côtés, l'Argentine est un pays qui peut ressembler à un mélange de pas mal de pays européens (le physique des gens, les us et coutumes, etc.). Cependant, il y a toujours un signe invariable, cette folie, ce truc qui décidément vous rappelle que vous êtes dans un pays pas tout à fait comme le nôtre : l'auto !
Ici, le parc automobile est archi hétérogène et s'il y a quelques belles voitures (dans lesrimg0760 grandes villes), le reste est... a l'avenant ! On voit de ces cerceuils ambulants, ça fait peur ! Les 504 Peugeot et autres Renault 12 sont des modèles encore tres tendance ici... Bref, vous l'avez compris, les argentins n'ont cure de leur véhicule et "Pourvu que ca roule" pourrait être la devise de la nation. C'est d'ailleurs assez étonnant pour un pays où l'apparence a beaucoup d'importance et ou les hommes sont souvent des caricatures de machos.
Le jour ou les argentins seront soumis au controle technique, je m'installe ici comme garagiste !
Bien sûr, la conduite, l'état général des routes et de la signalisation sont la plupart du temps à l'image des autos : de la pure inconscience !

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Les bus : je ne vous apprends pas grand chose en vous disant que l'Argentine est un pays immense. Seulement, voila, il est VRAIMENT immense ! Et ça, on ne s'en apercoit que sur le terrain. Les avions sont bien souvent très chers pour les argentins et encore plus souvent bloqués par les greves (comme en ce moment d'ailleurs). Le rail est quasi-inexistant, principalement dû aux faillites après privatisations... Que reste t'il ? La route bien sur ! et comme il n'est pas question d'envisager des trajets supers longs avec les autos dont j'ai parlé plus haut, alors on prend le bus.
Prendre le bus pour plus de 24 heures de trajet n'est pas étonnant ici. On se cale dans son fauteuil, on regarde les films américains sous-titrés (de préférence bien violents, pour faire hurler les enfants... les mamans adorent...) en buvant les infects sodas apportés par l'auxilliaire et le reste du temps on dort. Moi en plus de ça j'essaye de lire, mais je suis souvent le seul et avec le film qui braille et la loupiotte personnelle qui est toujours pétée c'est pas évident !
Les bus ici, plus qu'ailleurs en Amérique du Sud, sont l'occasion de voir les pires taudis comme les plus beaux1eraclase palaces roulants... Oui, oui, ils peuvent etre vraiment beaux ! Les bus roulent vite, les bus sont presque toujours à l'heure, les bus sont les rois de la route ! Et dans les plus luxueux, le ramage est à l'image du plumage : ambiance palace avec cuir, alcools et la charmante hotesse qui va bien ! la photo du fauteuil ci contre est une 1ère classe de chez Andesmar... Pas mal hein ? Bon, des trucs comme ça je n'en n'ai encore jamais pris, car c'est quand même assez rare... Mais à la premiere occasion, je fonce !

La cigarette : Les argentins fument comme des pompiers ! Les cigarettes ne sont pas chères et fumer est encore un geste parfaitement normal ici. Par instants, on pourrait se croire il y a 20 ou 30 ans en France.

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28 novembre 2005

Mendoza (Argentine)

untitled2Quelle bonne nuit ! Je prends mon café dans un Mendoza brûlant et désert en ce Dimanche matin. Quelques moments sur Internet, un tour au pressing, quelques courses et je retrouve Rébecca et Luc pour déjeuner. Ce couple de jeunes lillois fait un long tour du monde avec leur adorablissime petite fille de 3 ans, Mila. Ce petit bout de chou me fait complètement craquer ! Nous passons un très bon moment à manger de grosses pièces de boeuf et à discuter de nos voyages. Cliquez ICI pour découvrir le site de cette famille très attachante.

Je reprends mes bonnes habitudes mendocinas : je fais une petite sieste ! le reste de l'après midi est destiné à mettre à jour mon blog, à préparer le voyage de Papa et Maman et à règler les derniers détails de ma grande expédition dans la Puna argentine qui commence le 4 Décembre...

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26 novembre 2005

En route pour Mendoza (Argentine)

Un voyage bien agréable... Après ces "émotions" et quelques verres de vin, je pionse jusqu'à 8h du matin non-stop ! A mon réveil, mon sympathique voisin à disparu, il est descendu en route. Je passe ma journée à dévorer les 250 premières pages d'un roman vraiment très sympa (Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda) et à m'endormir devant les films qu'on nous passe.

Nous arrivons avec une heure de retard vers 21h à Mendoza et je retrouve mon hôtel Zamora, avec une chambre enfin individuelle... Finis les ronfleurs et les israéliens hurlants !

Il fait un chaleur étouffante.

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25 novembre 2005

Puerto Madryn (Argentine)

Nuit tout aussi mauvaise que la précédente. Point important : j'apprends aux 3 israéliennes que lorsque l'on quitte un endroit, qui plus est où d'autres dorment, il est de bon ton d'éteindre les lumières. Je crois qu'elles n'oublieront plus de le faire.

Aujourd'hui je repars en Tour, mais privé cette fois-ci ! En effet, hier soir je me suis débrouillé pour trouver des gens qui, ayant loué une voiture, accepteraient de prendre un passager en plus pour partager les frais. C'est donc avec Georg et sa femme, de Munich et Sandra et Nadia du canton de Berne que je pars ce matin pour le Sud de Puerto Madryn. Nous sommes tous assez grands (ben oui, quoi, je suis plutôt grand !) et nous sommes un peu serrés dans cette petite Gol Volkswagen (non, non il ne manque pas le "F", c'est un modèle "spécial Amérique du Sud" construit sur la base d'une Polo). Za parle teuton tans l'auto et cheu ne Komprand rien ! Heureusement ils parlent un peu français (surtout Sandra) et anglais et nous arrivons à nous entendre... Ça vaut mieux car je suis le co-pilote de Georg !

Premier arrêt dans la ville de Trelew (prononcer Trélé-Oh, c'est d'origine galloise) pour y visiter son petit, cher, mais très intéressant musée paléonthologique. C'est en Patagonie qu'on été découverts certains des plus grands ossements de dinosaures et certains spécimens y sont ici exposés... C'est très impressionnant ! Deuxième arrêt dans la petite ville de Gaiman, entièrement construite il y a 200 ans par des gallois, pour des gallois. Ça ressemble donc... au Pays de Galles, enfin il paraît parceque je n'y suis jamais allé. Petites maisons en briques rouges, salons de thés pour touristes et petite place bien arrangée... Cela ne me passionne pas trop.

Nous reprenons la route et quittons l'asphalte pour trouver la piste. Mes craintes se confirment : Georg conduit super mal. Il roule trop vite, utilise les freins alors que sur ces petits cailloux c'est du frein moteur qu'il faut jouer et pour couronner le tout, il est un peu bigleu. Sandra et moi tentons de lui faire quelques remarques très polies, mais grosso modo à bord l'ambiance est plutôt au silence et au serrage de fesses... sauf pour la femme de Georg qui semble parfaitement habituée au style de conduite de son mari.

Youpi, nous sommes sains et saufs en arrivant à Punta Tombo !
rimg0733Cette réserve naturelle abrite la plus grande colonie de pingouins de Magellan du continent. Ils sont un peu plus d'un demi million ! En arrivant sur le parking, nous sommes doublement content : il n'y a presque plus personne (tous les Tours sont repartis) et les pingouins sont bien là ! Tels de petits gnomes braillant et dodelinant, ils nous font tout de suite comprendre qu'ici on est en territoire pingouin !

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Ces adorables animaux sont une variété assez petite (50 cm et 30 kg en moyenne) qui à choisi cette pointerimg07361 patagonne pour se reproduire... Et nous avons de la chance, nous sommes en plein période d'éclosion ! Croyez moi, quand je vous dis que c'est très émouvant d'observer un oeuf se fendiller pour finalement, au terme de beaucoup d'efforts, voir apparaître un petit piaf gluant et piaillant, ce n'est pas pour tomber dans le lyrisme guimauve... C'est vraiment un grand moment !

rimg0750Le site est exceptionnel car nous pouvons apercevoir plein d'aspect de la vie de ces pingouins : couvée des oeufs (par le mâle, s'il vous plaît !), toilette sur la plage, pêche dans l'eau en nous postant sur la falaise, etc. On ne s'en lasse pas, même si par endroits l'odeur de poisson pourri et le bruit des piaillements sont intenses !
Nous restons ici plus de deux heures, et il faut vraiment que nous nous fassions violence pour repartir, d'autant plus qu'il y a deux heures de piste à se taper avec Georg au volant...

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Halleluïa, nous arrivons à 20h43 vivants et entiers à Puerto Madryn ! la joie est courte car je m'aperçois que je me suis planté dans l'horaire de mon bus... Au lieu de partir comme je me le suis mis en tête (je ne sais pas pourquoi) ce soir à 22h45, je réalise en regardant mon ticket que l'heure de son départ est à... 20h45. Misère... Je dis ça à Georg en proférant une belle suite d'insultes (à mon encontre bien sûr) en anglais. Cela à pour effet de l'électriser : il se met à bafouiller, à remuer dans tous les sens à me bousculer en me baragouinant des trucs en "allemanglais". En trois mots... il y croit ! Je fonce récupérer mes deux sacs dans l'hostel et je saute dans la voiture qu'il fait rugir (oui, une Gol peut rugir, croyez moi) !!! Là, je pense que j'atteins le summum de la peur qu'un passager peut éprouver ! Figurez-vous une circulation intense, une longue rue en sens unique coupée par une dizaine de rues perpendiculaires et à son bout, le terminal de bus... Et puis, imaginez un Georg survolté par la situation qui roule à 90 km/h sans ralentir aux intersections, la main sur le klaxon et en hurlant des trucs en allemand !!!

Nous arrivons au terminal de bus et j'ai perdu 3 kg de sueur. Mais ce n'est pas fini ! Dans un interminable crissement de pneus, Georg contourne le terminal et rentre en sens unique dans le grand parking des bus, en évitant un mastodonte de deux étages de justesse en proférant un long "Scheiße" ! Mais, à mon grand désespoir, le quai de mon bus est vide... C'est foutu...
Mais non ! j'aperçois des français que je connais qui sont sur le quai avec d'autres personnes... Le bus à du retard... JOIE !

Je congratule Georg, lui promet monts et merveilles s'il vient un jour à Paris et c'est tout juste si nous ne nous embrassons pas !

Je m'effondre dans le moelleux et confortable siège en cuir de mon bus... Oui, je me suis offert un petit luxe avec cette classe "coche cama" pour les 25h de bus qui me (ra)mèneront à Mendoza, bien plus au Nord... Ca aurait été doublement rageant de rater ça. Comble du plaisir : la bouffe et bonne et mon voisin, un jovial argentin avec qui je sympathise, ne voyage jamais sans sa bouteille de malbec et déteste boire seul... Que le bruit du tire-bouchon dans un bus de luxe est agréable !

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24 novembre 2005

Puerto Madryn (Argentine)

Il fallait s'y attendre, entre les aller et venues perpétuels des israéliennes et les fracassants ronflements de "mes" deux lascars, je passe une très mauvaise nuit, tout comme la pauvre petite anglaise perchée dans un lit du haut et que j'entends soupirer des "Oh my God" et autres "Jesus Christ" toute la nuit.

Bon, c'est pas tout ça mais aujourd'hui, j'enfile ma panoplie de Super Touriste et saute à 8h dans un minibus déjà rempli d'une douzaine de personnes. "Holá todos, me llamo Guillermo, soy frances".

Nous filons vers la péninsule Valdes, un lieu incroyablement privilégié pour l'observation des animaux. La route est magnifique (enfin, à mon goût) et typiquement patagonne : une sorte de désert vert de petits buissons et de landes, qui ondule très mollement jusqu'à perte de vue dans tous les sens.
Et puis il y a le ciel. Le ciel ici à une dimension iréelle. Il semble immense, sans limites. Un peu comme si on avait rabaissé le niveau de la Terre, il bouffe presque tout le paysage. Les nuages y sont de vraies sculptures aérodynamiques et je n'ai qu'une seule envie : descendre et rester là un peu de temps pour observer ça.

Mais nous sommes en Tour et il faut respecter le timing ! En route, le guide nous fait son petit speech bien rôdé et très intéressant. Ici, dans la péninsule, on trouve des estancias (sortes de ranchs géants) qui se partagent la terre pour l'élevage des moutons mérinos. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec 4 hectares par tête, et aucun prédateurs, ils sont tranquilles !

rimg0697Notre première étape se fait à la pointe Nord de la péninsule, très adéquatement appelée Punta Norte. Ici, on trouve une belle colonie d'éléphants de mer qui a investi une superbe plage. Nous restons un peu à l'écart de la plage pour ne pas déranger les animaux, c'est dommage mais bien mieux comme ça pour eux.

L'arrêt suivant est éclair et nous permet de voir quelques petits pingouins de Magellan, dont je reparlerai plus tard. Un autre trajet de minibus plus tard sur ces pistes poussiéreuses et nous arrivons à la Caleta Valdes. Après le choc visuel causé parrimg0709 rimg0705une cinquantaine de bus comme le notre et un restaurant qui sent l'arnaque à 500 mètres, je découvre une sorte de paradis pour l'amateur de paysage que je suis... La côte s'étire incroyablement loin dans des couleurs sans cesse changeantes à cause des nuages qui masquent le soleil par intermittence. BEAU ! Pour couronner le tout, une gigantesque colonie de plus de 45000 éléphants de mer occupe l'endroit... Je suis sous le charme et par chance nous y restons une heure et demie. C'est tout de même trop court !

Nous ressortons de la péninsule, et au Sud de l'isthme nous stoppons dans un petit port nommé Puerto Piramides. Ce moment est suposé être le clou de la journée, une sorte de cerise sur le gâteau... nous sommes là pour voir les stars locales : les baleines franches australes. Profitant du calme des lieux, ces adorables mamifères de 45 tonnes et 15 mètres de long font un arrêt dans l'immense golf (golfo Nuevo) afin d'accoucher de leurs bébés (4 tonnes le poupon).
Je suis un peu refroidi quand, tel un troupeau de moutons on nous fait prendre la queue pour percevoir notre gilet de sauvetage avant de monter dans un immense catamaran à moteur de 70 personnes... Et c'est parti pour un tour de "promène couillons" ! Heureusement, la mer est assez agité et je rigole (comme une baleine) en observant les gens qui s'étaient pressés à l'avant se faire tremper par les embruns (qui sont bien plus que des embruns) ! Je suis donc relaxé et plutôt détendu quand apparait la première queue de rimg0726baleine non loin de notre embarcation... Le spectacle est inouï. C'est tellement grand, tellement gracieux et ça à l'air tellement gentil ! Les baleines se laissent approcher et semblent si curieuses... Impossible de vous décrire ce que j'ai ressenti quand j'ai vu son oeil qui nous observait en passant lentement devant nous... C'est unique. Nous verrons plusieurs baleines durant cette heure et demie de bateau et j'avoue que j'ai vite oublié le côté "tous ensemble, tous ensemble, tous, tous..." ! J'ai aussi vite oublié que j'avais un appareil photo, ce qui explique le cliché scandaleusement nul que j'ose exposer ici...

De retour à Puerto Madryn après un long trajet, je dîne avec Pierre-Ludovic, un journaliste français (savoyard) qui est en Argentine depuis 3 mois pour écrire, entre autres, un article sur les OGM dans le pays. En gros la situation est un désastre total et personne ne s'en alerte : la culture du soja génétiquement modifié pèse pour 5% du PNB et est totalement sous le contrôle du géant américain Monsanto... Et ça, ce n'est que le début de son long exposé qui me sidère... Il doit m'envoyer son article, j'en reparlerai plus en détails. Ça sera sûrement d'autant plus intéressant qu'à la base, Pierre-Ludovic n'est pas un anti OGM. A suivre donc.

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Détail caustique : je découvre que Pierre-Ludovic est un des deux ronfleurs de mon dortoir !

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23 novembre 2005

Purto Madryn (Argentine)

... 15 heures de bus plus tard et une très bonne nuit (coup de chance, je dors comme un bébé durant ces trajets), me voici "fraîchement" débarqué à Puerto Madryn, toujours en Argentine, toujours en Patagonie du Nord, mais au bord de l'Atlantique cette fois-ci.

Je trouve un hostel pas trop mal mais assez bondé et après deux ou trois bricoles, je pars en vélo à 17 km au Nord de Puerto Madryn, à Punta Loma. Pour y faire quoi ? Pour voir des otaries pardi !

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Je m'arrête en route pour pique-niquer (je crois que je ne saurai jamais écrire ce mot) sur une plage de cailloux complètement déserte... C'est le grand pied ! Le temps est splendide, il fait plutôt chaud et le vent souffle fort... heureusement dans mon dos !
rimg0687A Punta Loma, une colonie d'otaries à élu domicile dans une petite anse. Depuis la falaise, à un vingtaine de mètres au dessus, on peut les observer brailler et se ramper dessus... Le spectacle est très amusant et je reste là plus d'une heure à me marrer en regardant ces dizaines de droles de bestioles. Le retour vers Puerto Madryn est plus sportif car le vent n'a pas changé de direction... alors que moi, si ! C'est la première fois que je me mets en danseuse dans une descente. C'est bon, ça fait les mollets !

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En rentrant à l'hostel, je me réserve un Tour avec une agence pour demain; direction la célèbre Peninsula Valdes (comment, vous ne la connaissez pas ?) !

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Après un dîner assez nul, je rentre dans mon dortoir, où 3 israéliennes hystériques et deux ronfleurs de première classe m'attendent. Ambiance.

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22 novembre 2005

Bariloche (Argentina)

Une nuit totalement au calme, sans être reveillé par des israéliens hurlants, ça fait du bien ! Bon, il flotte toujours autant, ce qui me conforte dans le fait de partir aujourd'hui.

rimg0657Ce matin je prends mon petit déjeuner avec Bob et Tina. Nous nous entendons très bien et ils sont super sympas. Ils sont encore là une semaine car ils prennent des cours d'Espagnol avant de poursuivre leur long tour du monde. Discuter avec eux me fait travailler mon anglais. C'est parfait !

C'est amusant (ou bien consternant, je ne sais pas...) mais j'ai mes petites habitudes du matin à Bariloche : tous les jours, je vais prendre un double expresso dans un café Internet. Je sirote lentement ce café en consultant mes mails et en regardant les sites d'information... Tout ça, bien entendu après avoir discuté de la météo et d'autres futilités avec la patronne des lieux qui me salue comme si on se connaissait depuis un an... C'est bien agréable !

Ce midi je manque d'enfumer totalement la maison en faisant cuire un gros steak dans une poële qui ne devais pas être très propre... C'est malin, maintenant le moindre centimètre carré de tissu dans la maison sent la barbaque grillée ! Je pars à 18h pour Puerto Madryn... A moi les baleines, les phoques et les orques !!

Cet après midi, je fais mes sacs (ils sont toujours aussi gros), je vais acheter quelques chocolats pour la rimg0660pauvre Agustina clouée au lit après son opération du genou, j'aide Bob et Tina à faire leurs devoirs d'espagnol (!), je finis de mettre à jour mon blog... et j'hésite à mettre fin à mon expérience capillaire en rasant mon bouc qui me dérange de plus en plus et que je trouve franchement moche !... Oui je sais exactement ce que vous êtes entrain de vous dire : "quelle horreur !!"... Et vous avez bien raison !

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21 novembre 2005

Bariloche (Argentine)

Je vous avais dit que le temps change un peu tout le temps en Patagonie. Aujourd'hui, c'est faux : il pleut aussi fort qu'hier. J'ai un peu le moral dans les chaussettes (le temps sans doute...) et j'en ai ras le bol d'attendre des nouvelles de "mon" guide avec qui je dois faire le volcan Lanin et qui ne me fait plus signe depuis 3 jours... La vie ici est très agréable, mais il va bien falloir que je parte ! Je décide donc d'aller au terminal de bus pour voir les horaires des différents départs.

Manque de bol, aujourd'hui c'est la grève des transports à Bariloche... Je suis en quelque sorte, avec 24h d'avance, sur le même pied d'égalité que les parisiens ! En fait, un chauffeur de taxi a été assassiné (pour un butin de 15 pesos, soit 30 FRF) l'autre jour à Bariloche et les chauffeurs de bus et de taxi ont aujourd'hui envahi la mairie... C'est un joli foutoir, le tout sous la pluie battante. Par chance, je trouve une issue en la personne du mari de la dame qui fait le ménage et qui peut me conduire jusqu'au terminal... Situé bien à l'écart de la ville (c'est malin).

J'aimerai partir aujourd'hui pour Puerto Madryn, toujours en Paragonie, mais à l'Est, sur la côte atlantique. Malheureusement il n'y a plus de places pour aujourd'hui et je devrais attendre demain 18h pour quitter Bariloche... Et puis je viens de recevoir un mail de Jésabel, une amie, qui me propose de venir la rejoindre dans le Sud de la Bolivie pour quelques jours... C'est très tentant, mais aurais-je assez de temps ?...

Aujourd'hui, Agustina (la jeune patronne de l'hostel* où je suis, vous suivez j'espère !) se fait opérer du genou... C'est Adolfo, son fiancé, qui sera donc le dueño (patron) pendant 24h... En plaisantant devant Agustina, il nous à fait comprendre que ça allait changer... : bière et vin à gogo, sorties, musique, etc. !!

*Un hostel, c'est assez intraduisible en français... c'est un peu comme une auberge de jeunesse, mais chez des gens et en plus sympa et moins formel.

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20 novembre 2005

Bariloche (Argentine)

Une des particularités de la Patagonie est l'incroyable diversité de types de pluie qu'on peut y trouver... Vous avez, tout d'abord la "presque pas pluie" qui tombe en quasi permanence entre les éclaircies; il y a aussi la "bonne pluie", celle qui mouille bien; il y a ensuite des pluies plus originales, comme la pluie "qu'on dirait qu'elle vient d'en bas" à cause du vent qui souffle très fort et la "pluie comme dans les mauvais films", quand on dirait qu'elle est provoquée par des lances à incendie...

Aujourd'hui, Dimanche, c'est plutôt la "grosse pluie" que nous avons. Ce qui me permet de rester un peu plus tard dans mon lit pour terminer ma nuit rendue mauvaise par deux israëliennes rentrées de boite à 5h du mat' et qui se croyaient seules dans la chambre (je ne sais pas si j'avais précisé que j'étais dans un dortoir) et ont commençé à "taper la discussion" tout feux allumés à 30 centimètres de mon lit et de celui de Javier, un espagnol de Vigo très sympa... Mais... je reviendrai probablement un peu plus en détail sur les bandes de jeunes israëliens en vacances en Amérique du Sud.

Après le petit déjeuner, Adolfo me fait signe de le suivre dans le petit jardin. Là, à l'abri des autres, il me propose d'aller déjeuner avec Agustina, Bob et Tina... mais sans deux ou trois autres personnes qui sont "moins dans notre genre" ! Pour cela, nous montons une combine un peu alambiquée qui me fait tellement rire que je dois me mordre les joues pour ne pas éclater de rire devant les "non-invités"... Adolfo est vraiment un type très marrant et super farceur, on s'entend très bien !

Notre déjeuner dans un resto à tendance germanique (bière, choucroute et saucisses), à une dizaine de km de Bariloche, autour d'une picada géante (sorte d'assortiment de tapas) est bien entendu un très bon moment, qui nous entraîne jusqu'à...17h, après une excellentissime glace chez Jauja, LE glacier de Bariloche et selon certains, LE glacier argentin !

Bob, Javier et moi passons la soirée à regarder la télé.

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19 novembre 2005

Bariloche (Argentine)

Tiens... Aujourd'hui il fait beau ! Incroyable : pas un nuage à l'horizon ! Je me lève et fonce prendre un bus pour me rendre au pied du cerro Lopez, une petite montagne (un peu moins de 2000m) qui se trouve à une trentaine de km à l'Ouest de Bariloche. Dans ce bus, je rencontre deux françaises qui ont eu la même idée que moi. Pauline (ravissante) et Lorraine voyagent pour 3 mois en Amérique du Sud entre la fin de leurs études à Sup de Co' Reims et leur premier boulot.

rimg06552Nous faisons l'ascension jusqu'au refuge Lopez (1650m) en s'attendant plus ou moins. Querimg06523 cette balade est belle ! les vues sur le lac Nahuel Huapi sont époustoufflantes et c'est le premier jour où je peux enfin admirer tous les sommets environnants ! Au bout de 2 heures, le chemin devient plus abrupt, et surtout plus enneigé. C'est avec un bonne pente de neige transformée que j'arrive au refuge. Je regrette de ne pas avoir apporté mes crampons pour aller jusqu'au sommet. Pauline et Lorraine ne tardent pas et nous picniquons devant cette vue grandiose.

La redescente (par le même chemin) est rapide; en à peine une heure nous sommes sur le bord de la route, pour attendre notre bus pendant une heure et demie. Mais, cette attente ne me dérange pas car je suis en charmante compagnie !

De retour à Bariloche, je propose aux filles de prendre un verre ce soir... Qui sera malheureusement l'occasion de mon premier "lapin" depuis mon départ !
Pas grave... même en arrivant seul dans un bar, on peut passer une très bonne soirée en Argentine !

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