06 décembre 2008
Incahuasi (Argentine)
En tout cas ce n'est pas Fabrice qui aura été requinqué par cette nuit. Le pauvre n'a presque pas fermé l'oeil de la nuit (un peu comme d'habitude en altitude pour lui, malheureusement), alors que Patrick et moi avons réussi à nous reposer.
Le réveil à 4h du matin n'est pas folichon et nous ne pouvons allumer le réchaud dehors à cause du vent. Nous sortons donc le petit réchaud à gaz qu'il est possible d'utiliser dans la tente... mais qui est beaucoup plus lent que notre réchaud à essence et il me faudra pas moins de deux heures pour remplir nos trois thermos d'eau chaude. Quelle galère ! Nous partons donc vers les hauteurs à 7h et je suis bien ennervé par cette séance de fonte, tordu en deux dans l'absyde de la tente. Fabrice est cassé et a beaucoup de mal à nous suivre alors que nous n'avancons pas vite. Il décide de nous lâcher. Ce n'est pas son jour. Patrick me suit dans la traversée hasardeuse du névé qui nous barre le chemin. Comme un con j'ai, deux jours plus tôt, assuré à mes accolytes que nous n'aurions pas besoin de crampons... alors qu'aujourd'hui, rien n'aurait été plus utile. Suite à cette traversée glissante, j'entraîne Patrick dans une pente de sable et de rochers instables, de plus en plus raide. En fait, pendant deux heures, j'ai l'impression de prendre mauvaise décision sur mauvaise décision et de persister à fond dans mes erreurs. Patrick est novice et sympa, il ne me fait aucune remarque, alors qu'il y aurait de quoi faire ! Vers 10h du matin, je sais déjà que pour moi, le sommet sera innateignable aujourd'hui. Je suis énnervé par la tournure de ce début de matinée et par un deuxième échec qui se profile pour moi sur l'Incahuasi.
Vers 6000 mètres je décide de redescendre et je laisse Patrick rejoindre Fabrice, qui, ayant retrouvé des forces, a continué à monter doucement mais sûrement par la voie que nous aurions mieux fait d'emprunter depuis le début Patrick et moi. Ils ne monteront pas beaucoup plus haut et me retrouveront au camp à peine une heure plus tard, alors que je suis affalé dans ma tente où il fait une chaleur d'enfer.
Nous devrons nous faire violence pour lever le camp et redescendre jusqu'au pied de l'Incahuasi, où nous retrouverons avec un peu de retard le 4x4 qui nous redescend directement à Fiambala, soit dans la même journée une altitude max. de 6000 m et une altitude min. de 1500 m ! Le dîner et la nuit furent mémorables !
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