Quelques aventures dans les déserts indiens...

Bienvenue sur le site de mes randos et ascensions dans les Andes

11 décembre 2008

Pissis (Argentine)

Réveil en super forme pour moi, en moyenne forme pour Patrick et pas en forme du tout pour Fabrice. Nous avalons un petit déjeuner avant de partir vers le sommet. Je me goinfre au maximum de mes possibilités : cake, barres de pâte d'amande, pâtes de fruit, power gel, tout y passe pour ne pas être victime d'une fringale. Je bourre également mes poches de ces petites bricoles pour grignoter tout au long de l'ascension.

9h00. Théoriquement, il nous reste 500 mètres pour atteindre le sommet. Nous devrons pour cela tout d'abord remonter un petit névé avant d'attaquer une grande pente rocheuse et arriver à un col d'où un pente assez raide en mixte semble monter au sommet. Je carbure et ne pense qu'au sommet. J'ai un bon rythme et je fais peu de pauses, ce qui me met en avant de Patrick, suivi par Fabrice qui semble peiner dans la caillasse et avancer plus "à la volonté" qu'au physique.

Arrivé au petit col, je m'assois à l'abri du vent et en profite pour grignoter un peu, les yeux rivés vers ce qui m'attend plus haut. Je n'ai toujours pas soif et mon thermos reste dans mon sac. Il faut d'abord traverser un zone neigeuse avant de rejoindre des grosse pierres assez raides. Ca passe sans problème. Un autre petit névé, plus raide se présente à moi, puis quelques grosses caillasses qu'il me faut escalader avec les mains, puis, ca redevient vachement plat.

Vachement plat car je suis arrivé au sommet sans m'en être rendu compte ! Ce sommet est gigantesque, grand comme un terrain de foot. On y trouve plusieurs petits monticules naturels et ce n'est pas évident de déterminer celui qui semble être le plus haut. D'instinct je pars vers la gauche, mais au bout du plateau, je ne trouve rien qui puisse faire penser au sommet que nous a décrit Martin (avec sa fameuse croix) et qui ressemble aux photos que nous avons pu trouver. Je repars dans l'autre sens et tombe à l'autre bout du plateau sur le sommet tant espéré. A quelques mètres, je sors la caméra de Patrick que j'avais sur moi aujourd'hui pour filmer ce moment.

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12h00. M'y voilà au sommet de ce Pissis. 6800 mètres, 3ème sommet du continent américain, la montagne pour nous tout seuls et le sommet pour MOI TOUT SEUL ! Quel bonheur, c'est le grand pied ! Je n'ai même pas froid et je m'installe entre les pierres du sommet pour feuilleter le libro de cumbre (livre de sommet signé par les précédents andinistes) et farfouiller dans la boîte à souvenirs dans laquelle on trouve un collier, des cartes de visite, des bouts de laine, et plein d'autres petites bricoles. J'y ajouterai d'ailleurs les miennes. Je suis bien ici. Cela n'a pas été aussi difficile que j'imaginais et je peux vraiment aprécier le moment pleinement.

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Patrick me rejoint 20 minutes plus tard. Sur son visage, le sourire et le soulagement en disent long sur sa joie d'y être arrivé. Je suis vraiment bluffé : sans aucune expérience de la haute altitude et de l'andinisme, Patrick vient de s'avaler le Pissis pour premier 6000 ! Photos, congratulations. Il est vraiment fort !

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Nous ne doutons pas un moment que Fabrice ne puisse nous rejoindre. Patrick me raconte le rythme qu'il avait et m'indique qu'il devrait cependant encore avoir besoin de pas mal de temps. Qu'à cela ne tienne, nous avons le temps et nous sommes bien, abrités dans les anfractuosités du petit monticule sommital.

40 minutes plus tard, Fabrice arrive au sommet. Il a l'air harrassé. C'est génial de se retrouver tous les 3 au sommet ! Nous passons encore quelques minutes pour que Fabrice puisse en profiter, puis commencant à avoir froid nous redescendons.

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Patrick et moi redescendons très vite dans les caillasses, le sable et les parties neigeuses. Nous rejoignons en à peine une heure le camp 2 à 6300 mètres. Je fais chauffer le réchaud pour faire de l'eau (même s'il m'en reste plein mon thermos, que je n'ai pas touché) et commence à faire mon sac pour redescendre. Fabrice met un temps fou pour redescendre et cela m'inquiète. Je ne suis d'autant plus pas rassuré que je n'arrive pas à voir où il est, même avec les jumelles. Je suis inquiet et ennervé de ne pas le voir descendre. Enfin, au moment ou je m'apprétais à remonter le chercher, nous l'apercevons titubant sur le névé. Je vais à sa rencontre et le ramène au camp. Il me dit avoir peut-être un début d'oedème cérébral. Bien qu'ayant des doutes sur cette probabilité (je pense surtout à une grosse fringale), je ne veux pas laisser une seconde la situation risquer de se dégrader. Je brusque un peu Patrick en lui demandant d'accélerer le mouvement pour replier le camp, puis je demande à Fabrice de commencer à descendre lentement et prudemment pendant que nous finissons de démonter le camp.

Nous nous retrouvons tous les trois sur le glacier où Fabrice semble retrouver un peu la forme. Nous décidons de redescendre d'un trait au Camp de base et que Patrick restera avec Fabrice alors, que je descendrai devant pour rejoindre Diego et Martin. Du camp de base je rentrerai en contact par talkie walkie avec Patrick pour savoir où ils en sont et, au besoin remonter avec Diego et Martin.

La descente est longue mais je suis heureux et je ne sens pas mes jambes et la fatigue. J'arrive au camp de base vers 19h et retrouve nos compères argentins qui me félicitent pour le sommet. Je leur parle de l'étatde Fabrice et Diego me dit qu'il est prêt à faire le trajet de retour vers Fiambala de nuit si nous voulons. Cette idée ne me déplaît pas.

Patrick et Fabrice (qui va beaucoup mieux) arrivent au couché du soleil et nous prenons la décision de rentrer à Fiambala directement ! Le trajet est mystérieux, car à la lueur de la pleine lune... C'est magique !

A Fiambala, malgré l'heure tardive (1h du matin) nous arrivons encore à l'heure pour aller dévorer une bonne viande à LA ROMA !

Copie_de_IMGP1291

Donc, voici pour récapituler la journée :
- nuit à 6300 m
- 500 de dénivellée positive
- sommet à 6800 m
- 2200 m de dénivellée négative pour retourner au camp de base
- retour à Fiambala, à 1500 m, soit 5300 m plus bas que le sommet !
- Bife de chorizo et bière à LA ROMA !

Voilà ce que j'appelle une journée bien remplie !

Posté par gnome à 18:41 - Au fil des jours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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